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La France pourrait pêcher 70 % de plus dans l’Atlantique si les ministres de l’UE suivaient les recommandations des scientifiques

17/12/2018

Une étude d’Oceana montre que dans dix ans, les flottes en Atlantique pourraient débarquer au moins 455 000 tonnes si demain, le Conseil de l’UE fixait des limites de captures durables

La France pourrait accroître le volume de ses pêches en mer du Nord de près de 70,6 % (autrement dit 455 000 tonnes), si les ministres de la Pêche de l’UE convenaient de fixer des totaux admissibles de captures (TAC) durables lors du Conseil de demain. Selon une étude réalisée par Oceana, l’accomplissement de cette hausse pourrait s’effectuer sur 10 ans, le temps de laisser les stocks se remettre de la surpêche. Le merlan, la sardine, le hareng, le haddock et le cabillaud seraient les espèces dont la présence pourrait potentiellement augmenter le plus en termes de débarquements.

« De tous les problèmes auxquels nos mers font face, la surpêche est le plus simple à résoudre. Les ministres européen·ne·s disposent des données scientifiques et du pouvoir de les faire appliquer : il faut juste qu’il·elle·s prennent une décision en pensant à la société et pas seulement aux propriétaires de navires », déclare Lasse Gustavsson, directeur exécutif d'Oceana en Europe. « L’étude d’Oceana montre qu’écologie et économie peuvent aller de pair. Tout business plan qui ignore une croissance potentielle à deux chiffres en moins de dix ans serait ridicule. Nous espérons que les ministres penseront au-delà du mandat qui leur a été confié, et envisageront les avantages pour les océans et la société », ajoute Gustavsson.

L’analyse s’appuie sur les chiffres de la plateforme Catchy Data, une enquête exhaustive publiée par Oceana sur les bénéfices économiques potentiels d’une pêche durable dans l’Union européenne. Actuellement, 4 stocks halieutiques sur 10 sont en état de surpêche dans les eaux de l’Atlantique, ce qui a affaibli la présence de poissons dans cette zone de pêche clé par rapport aux précédentes décennies.

L’étude d’Oceana couvre 72 % du total des débarquements de la flotte française dans l’Atlantique du Nord-Est, les hausses véritables seraient donc encore plus importantes que les estimations réalisées. Les principaux résultats de l’étude sont les suivants :

  • Le volume des débarquements pourrait augmenter de 274 000 à 455 000 tonnes (une hausse de 65,9 %).
  • La valeur des débarquements pourrait passer de 616,1 à 975,5 millions d’euros (une hausse de 58,3 %).
  • Les emplois dans le secteur de la pêche pourraient augmenter de 3 845 à 5 568 (une hausse de 44,8 %).
  • Dans un scénario de reconstitution des stocks, les débarquements de merlan pourraient doubler, faisant de ce poisson l’espèce la plus pêchée par la flotte française en Atlantique. Il serait suivi de près par la sardine et le hareng.

En savoir plus : Recommandations communes des ONG sur les possibilités de pêche pour l’année 2019 (en anglais)

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